10 avril 2008
Noriko's Dinner Table
Réalisé par Sion Sono avec (entre autres) Kazue Fukiishi & Tsugumi
2005
"Ne supportant plus l'environnement familial et après avoir intégré une
étrange communauté sur Internet, Noriko Shimabara, le 10 décembre 2001,
quitte Toyokawa pour Tokyo. Le 26 mai 2002, 54 jeunes filles se jettent
sous un train en gare de shinjuku. Après cette terrible nouvelle, la sœur de Noriko, Yuka, disparait à
son tour. Le père décide alors de partir à la recherche de ses filles
et va découvrir une terrible vérité, une vérité qui dépasse
l'entendement."
Déstabilisant ! Voila ce que je me suis dit à la fin du film. C'est très long, très lent, mais fascinant ! En me promenant sur des forums ce matin pour avoir infos sur le film, j'ai eu la forte impression que Sion Sono est en train de se taper une réputation aussi tranché que Miike...
Et pourtant, sur une durée de 2h40, c'est totalement maitrisé ! Ma Cocotte a trouvé la fin trop longue. Pour ma part, je l'ai trouvé justifié par le propos que le réalisateur apporte sur le renouement des rapports familiaux.
C'est très brut, filmé comme un espèce de documentaire hybride... ou plutôt, c'est filmé comme si on lisait un journal intime ! C'est a dire que nous avons pendant la quasi totalité du film une voix off qui accompagne les images, ce qui est très déstabilisant au début et qui devient certaines fois indispensable. Mais la ou le film cartonne, c'est qu'il est d'une justesse et d'une intelligence assez forte dans son genre ! Parce qu'il ne traite pas finalement que du suicide mais de l'avant, de l'après et surtout, de la jeunesse au Japon, de la perte d'identité, des rapports sur Internet, des rencontres, et surtout, de rapports familiaux. Parce que contrairement à Suicide Club (dont Noriko's Dinner Table est le prequel - séquelle), j'ai trouvé le film beau et finalement plein d'espoir pour la jeunesse Japonaise. Il y a toujours un moyen de s'en sortir, et le réalisateur nous montre bien que la seul véritable chose pour tout résoudre c'est le dialogue !
Un sacré film qui vous mets une claque, pour peu bien sur que vous accrochiez au parti pris du film niveau mise en scène et narration, et à la lenteur.
Scène
à retenir : Je me souviens de ces scènes qui se passent en fin de journée quand ils sont dans leur maison à la campagne, au bord de mer. L'ambiance retranscrite est des plus agréable et surtout : vrai !
3.5/5
28 janvier 2008
No Country for Old Men
Réalisé par Ethan Coen & Joel Coen , avec (entre autres) Tommy Lee Jones & Javier Bardem
2007
"A la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de
drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque
Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres
ensanglantés, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Et quand
il prend les deux millions de dollars qu'il découvre à l'intérieur du
véhicule, il n'a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer... Moss a déclenché une réaction en chaîne d'une violence inouïe que le
shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas
à contenir. Moss doit désormais échapper à ceux qui le pourchassent,
notamment à un mystérieux cerveau du crime qui décide du sort de ses
ennemis en jouant leur vie à pile ou face..."
C'est marrant ça, en même pas deux soirs, les deux films que je vois sont des westerns déguisés, et, aimant Carpenter, ce n'est pas pour me déplaire !
Un autre truc marrant c'est que cette année c'est un peu le retour aux sources (ou le retour tout court) de certains grands réalisateurs. Et après le retour de Tim Burton (qui ne m'a pas troué le cul...), voici celui des frères Cohen qui étaient partis (après The Barber) dans la comédie légère. Et bien contrairement au Burton, on peut dire que celui la, il claque !
Alors attention, ce film ne ressemble à aucun autre ! C'est très statique, et le film n'a aucune musique (ou extremement peu, à tel point que je ne m'en souviens plus). Le film à donc pour seul rythme : ses images. Et quand les images sont statiques pour la plupart, c'est pas chose facile. L'exercice est donc réussi, haut la main ! Les Frères Cohen retrouve le côté noir et décalé qu'ils avaient à leur début et surf sur les genres avec une dexterité incroyable.
Ils arrivent à nous faire monter la tensio avec des choses très simples et surtout, grace à un méchant qui à foutrement de la gueule ! Mais merde, qu'on lui donne un oscar à Javier ! Ce mec est d'enfer, il vous clou au sol dés les premières minutes tellement son jeu est juste. Sa voix est juste glacante et son regard vous donne l'impression qu'il est totalement ailleurs... Une putain d'interpretation quoi !
Bref, un véritable morceau de péloche qui à des burnes et qui va jusqu'au bout de ce qu'elle entreprend ! On est bluffé quand l'écran noir arrivre parce qu'on ne l'attendait pas à ce moment la... mais pour être franc... Je ne l'attendais pas du tout tellement c'était bon ! Un grand Cohen quoi, et je peux vous dire que ça fait du bien !
Scène
à retenir : La confrontation entre le héros et Javier, l'un assis sur son lit, dans le noir, l'autre de l'autre côté de la porte. C'est glacant mais c'est trop bon, du vrai ciné que je vous dit !
4/5


